samedi 12 janvier 2019

Qui a écrit XXL sur mes fringues, bordel ? Quand l'assassin était dans la cuisine, avec un chandelier.

Tess Holliday, modèle plus-size

J'avoue, le thème de cet article me trotte dans la tête depuis quelques semaines. À une période où il fait bon prendre de bonnes résolutions, j'ai décidé d'arrêter mon choix sur celle-ci. Cesser de suspendre ma vie à une hypothétique perte de poids.

Mettons immédiatement les choses au clair et en chiffres. Je fais un 44, je mesure moins qu'un nain de jardin, donc oui, je suis grosse. Obèse, même, si on s'en tient aux normes de l'IMC. Pas genre vaguement ronde comme les mannequins plus-size qui te font passer un 40 fillette pour de l'obésité morbide. Et non, je n'aime pas être grosse. Je ne me plais pas dans ce corps qui me fait grave chier. Entre certains bouts de moi qui ne rentrent pas dans des vêtements standards, et ce corps qui décide de me lâcher quand je désire sincèrement le bouger, je ne trouve aucune satisfaction à peser autant qu'un piano à queue.

Attention, hein ? Ne faites pas de cet auto fat-shaming, une généralisation. Je n'irais jamais reprocher à une femme d'être en surpoids. C'est son corps, son vécu, ses blessures ou ses joies, elle en est l'unique propriétaire.

Un peu d'histoire...
C'est à l'entrée dans l'adolescence que j'ai pris conscience qu'une fille DEVAIT avoir des complexes. Sans quoi, ce n'était pas une fille, juste un blob à qui on aurait collé une tresse. Je dois cette grandiose découverte à ma meilleure amie de l'époque ; hyper sportive, hyper canon, et hyper dans la comparaison de nos cuisses (Laure, si tu me lis, je t'embrasse) et à ma mère qui a mal vécu les 10kg de sa grossesse (M'am, je t'aime aussi !). Par conséquent, j'avais l'obligation légale de me construire sur l'idée qu'une femme se réduisait à un corps craignant de grossir.
J'ai donc fait tout ce qu'on attendait d'une gamine qui s'en battait les couettes avant LA révélation. J'ai grossi, et suis devenue un peu rondouillette. J'étais pourtant sportive depuis l'enfance, sans pour autant avoir acquis les muscles de Mauresmo ou la grâce de Pietragalla (la nature, cette garce taille zéro qui fait un doigt d'honneur permanent).

Adulte, mon job a rectifié le tir. En deux mois, j'ai viré mes années "petit boudin" et me suis réincarnée en pro du triathlon. Je ne bouffais rien le matin (footing après corn-flakes du matin = chagrin), léger le midi (vade retro pâtisserie et fromage) et pas mieux le soir. Le week-end, je ne me privais de rien (dans des proportions raisonnables) puisque je glissais un footing entre les repas. En semaine, j'avais même mes petites victoires en faisant un peu d'anorexie le temps d'un ou deux repas. À ce régime que n'importe quel nutritionniste trouverait débile mais qui est LA SEULE solution chez moi pour perdre du poids, j'ai donc fini par frôler le 36 (il n'y avait plus de jupe à cette taille - véridique). Bref, j'étais à l'aise avec mon corps, au taquet professionnellement, jusqu'à la rencontre avec l'homme qui allait devenir ma moitié de pizza. Car mettez deux gourmands ensembles et vous obtenez une catastrophe calorique.

Des années de mariage, certains "accidents de la vie" et un boulot chronophage ont sonné le glas de mes activités sportives intenses. Trente kilos gagnés plus tard, j'ai enfin arrêté de croire au côté provisoire de la situation. Puisque je ne peux pas les cacher, ces foutus kilos, il est donc temps de les assumer. S'ils disparaissent un jour, ce serait mieux, ne nous leurrons pas. En attendant, il est indispensable que je les vive sans souffrir.

Les conséquences du surpoids.
Que la grosse qui n'a jamais couiné pour monter deux étages me jette sa dernière part de tarte. Car oui, avant, je les grimpais deux par deux, ces marches. Aujourd'hui, je préviens le service de réanimation avant de les monter.
Je crois que c'est le pire pour quelqu'un d'actif et de sportif. Voir son corps refuser d'accomplir certains actes, comme un simple footing (mal de bide assuré et plus si affinités). Les articulations aussi en prennent un coup. Genoux, chevilles, voute plantaire, dos, même le sommeil trinque (on ronfle on se sent engoncée quand on dort sur le côté). Une fois fragilisé, le corps se flingue au premier coup de stress. Et ça reporte d'autant la reprise d'une activité sportive. Un véritable cercle infernal.
Je n'évoquerai pas l'hypertension, le risque cardio-vasculaire ou diabétique. Une épée de Damoclès que je préfère pousser sous un tapis. Après-tout, demain, je peux être percutée par un bus. Ne parlons pas des difficultés à se mouvoir dans le couloir d'un bus touristique, passer les tourniquets du métro, etc.
Et en cas d'attaque zombie, je sais déjà que je serai la première à mourir à défaut de courir.


Moralement, comment ça se passe ?
Tout d'abord, j'en ai marre de cette bienveillance mielleuse des gens minces. Ras-le-bol de ceux qui s'improvisent coach et affirment ne vouloir que mon bien en m'incitant à faire du sport ou à faire gaffe à ce que je mange. Pour leur information, je fais de la natation une à deux fois par semaine. Et j'ai beau ressembler à un cachalot, tous ceux qui s'attendaient à ce que je nage comme une enclume en ont été pour leurs frais. Mon surnom, c'est encore le hors-bord. Je pratique la marche quotidienne aussi. Alors oui, sinon, je bouffe. Mais j'ai envie de hurler à la face de ceux qui tiennent coûte que coûte à faire le compliment qui tue "pourtant, tu as un joli visage" (quel gâchis !), de ceux qui partagent un avis non sollicité sur ma personne "Dis-donc, tu as grossi, toi", de tous ceux que je soupçonne de juger mon physique non par sollicitude mais pour se rassurer à cause de leur propre vie de merde.

Et je fais une overdose des articles body-shaming sur la cellulite des actrices, ou leurs variations pondérales. Que dire aussi de ces pubs pour perdre du poids ou faire de l'exercice qui envahissent nos écrans actuellement ? Saison oblige, la société veut que le gras de Noël disparaisse. Pas moi. Si je veux maigrir, c'est pour moi, pas pour faire plaisir aux autres. Que l'autre me réduise à mon corps ne mérite pas que je m'intéresse à ce qu'il a à dire. Dois-je être jalouse de ces dindes incultes qui meublent la téléréalité ? Ces nouvelles idoles au physique spectaculaire et à la connerie interstellaire ? C'est ça, l'exemple que je dois suivre pour être admirée ? Ai-je seulement besoin d'être admirée par des inconnus ? Non.

Bien-sûr, comme toutes les grosses, j'ai besoin de me référer à des modèles positifs. Car même si j'ai une conscience aiguë de ma personne, et une self-estime suffisante pour avancer dans la vie, ça fait du bien de savoir que "curvy" n'est pas forcément synonyme d'imbaisable. Toutefois, pour une Ashley Graham, ou une Tara Lynn, combien d'anonymes au visage trop banal pour faire oublier un corps trop rond ?

Ashley Graham et Tara Lynn, modèles plus-size

À propos de la mode.
Bon, il y a un truc dans la mode qui me gonfle profondément. Là, je m'adresse aux designers, aux tailleurs, aux industriels qui aimeraient accroître leurs profits avec cette clientèle juteuse.
Hé, les gars, si vous voulez qu'on consomme comme de bons petits soldats, commencez par adapter vos produits à nos corps !
Quand on est "normale" mais petite, c'est déjà pénible de devoir jongler avec du prêt-à-porter mal ajusté (manches ou pantalons trop longs, ceinture qui baille), alors quand on est grosse, ça devient un véritable Enfer.
Entre les couleurs et les motifs ringards des fringues "grandes tailles" qui nous font prendre 30 ans et autant de kilos, les coupes censées masquer les bourrelés mais qui nous font ressembler à des yourtes, ou celles qui gardent certains standards morphologiquement inadaptés (manches étroites sur buste XXL, pantalon dont les jambes s'allongent quand on prend la taille au-dessus), les prix qui augmentent de 25% entre les tailles 38/40 et 42/44, vous rendez notre parcours encore plus désagréable, et nous obligez à aller trouver bonheur sur le net. C'est con, hein ?

J'entends déjà d'ici les moqueurs "T'as qu'à maigrir, grosse vache !" à qui il serait si facile de répondre "Es-tu concerné.e par cet article, ma couille ? Non ? Alors va jouer sur l'autoroute".

Aujourd'hui.
J'ai pris le parti d'être réaliste, même si dans l’absolu, ne m'étant pas vu grossir (je ne me pèse jamais, ce sont mes fringues qui me dénoncent), je me crois toujours plus fine que je ne suis. Cet hiver, après une prise de conscience cosmétique (vive le bio végan), j'ai enfin vidé ma penderie et donné ces vêtements trop petits qui me renvoyaient mon échec à la figure. Bon débarras. Vive la liberté.
C'est aussi l'occasion de me reconstituer une garde-robe, avec des choses qui me font envie, sans réfléchir à ce qu'une grosse devrait porter.

J'ai croisé la route d'un blog sur la pensée positive chez les plus-size. Ça a été une prise de conscience salutaire. Comment mieux vivre sa grossitude si on ne fait pas le deuil d'un passé de mince ? Et pourquoi se conformer à ce que la société attend d'une grosse, alors qu'elle a peut-être envie de porter du court, du coloré, du près du corps ? Pourquoi devrait-on se plier aux diktats d'une société qui n'a aucune bienveillance à notre égard ? Que lui doit-on ? Et pourquoi devrait-on s'interdire des vêtements qui nous plaisent, alors qu'on les autorise sur les autres ?
Le style, ce n'est pas l'apanage d'une Cordula avec sa haine des leggings et des tissus à motifs sur les grosses (venant d'une femme qui ne jure que par la banane, redevenue tendance à cause de certains couturiers... voilà, quoi).


Inciter à se tourner vers du flou, du sombre ou du sobre, ça donne aussi envie de dire merde. J'ai donc décidé d'arrêter de planquer mon corps dans des trucs qui ne me rendaient pas heureuse. Fini le bootcut (moi, c'est le 7/8ème fuselé type slim ou boy-friend qui me botte), moins d'abus du pull noir col V ou des talons tellement hauts que le trajet entre mes orteils et mon talon c'est l'équivalent de la route vers l'Everest, et le fluide ne masquera plus mes formes coûte que coûte.
Oui, j'ai des mollets de veau marin, des bras de culturiste, un Q 16/9ème et un décolleté (ah non, le décolleté est presque normal, ce con !). C'est ainsi, et même mince, j'avais déjà ce problème de proportions. Mais j'ai envie de me faire plaisir. En avant pour du blanc, de la botte, du manteau oversize, de la robe pull. Et tant pis si c'est le plus court chemin pour me faire ressembler à un champignon de Paris sous OGM.

Ça, c'est mon dressing hivernal.

Mes boutiques mode, en ligne ou en magasin :
Investir dans de bons basiques et de belles matières ne doit pas empêcher de se faire plaisir. Et pour les petits budgets, en cherchant un peu, en jouant sur les soldes ou les promo, il y a moyen de se créer un dressing correct sans vendre un rein.
Perso, j'ai un style plutôt classique tendance preppy. Et j'ai sélectionné mes préférés sans casser mon PEL. Car oui, on peut dénicher de jolies choses dans des boutiques populaires.
Kiabi, Bonprix, Blanche Porte, Castaluna, Wish (uniquement pour les colliers. Les fringues chinoises taille zéro et à moitié contrefaites, c'est no way !). J'ai même trouvé des bottes mollets larges sur Amazon ! J'ai tenté Yours, mais ils n'ont jamais la taille dans les produits qui m'intéresse. Mais on n'est pas sur un blog de mode. Je n'y connais rien, aussi, j'arrête là l'analyse fashion.


Pour conclure, je n'ai pas de solution miracle, ni trouvé la motivation nécessaire pour me ramener à un poids moins problématique. Je n'ai pas envie que les autres choisissent ce que je dois être, ni ce que je dois porter. 
Bref, je suis grosse, et j'ai décidé d'arrêter de culpabiliser.


lundi 7 janvier 2019

ZOMBILLÉNIUM 4 : LA FILLE DE L'AIR de Arthur de Pins


4ème de couverture :
"Le parc Zombillénium ne s'est jamais aussi bien porté : sa cote de popularité atteint des sommets suite aux réformes démoniaques opérées par Behemoth, qui décide alors de jouer sa propriété au cours d'une compétition bien spéciale... Un sabbat de sorcières ! Gretchen, Aurélien et Von Bloodt ont quant à eux monté un réseau d'évasion clandestin afin d'offrir aux damnés la chance d'une reconversion, loin des neuf cercles de l'Enfer. Des opérations périlleuses, sous le manteau, qui ne font pas du tout les affaires des dirigeants. Déterminés à y mettre un grand coup de balai, ils s'offrent les services d'une redoutable enchanteresse qui donnera du fil à retordre à sa rivale attitrée : Gretchen. Sous terre comme dans les airs, le combat promet d'être épique !"

Alors, doc, verdict ?
Yeaaah ! L'illustration de couverture, c'est un peu l'expression que j'ai arborée en recevant ce volume 4 !

Alors quoi de neuf dans celui-ci ? Pas mal de bouleversements puisqu'on reprend l'histoire 4 ans après avoir laissé nos héros sur un sacré cliffhanger. C'est d'ailleurs le temps qui s'est écoulé entre les deux tomes. Entre-temps, nous avons eu "Zombillénium, le film". Je n'en ai pas parlé ici car il m'a semblé un cran en-deça des bandes dessinées. Les voix françaises jouaient assez faux et le scénario plus ou moins adapté des BD avait défloré la surprise.

Notre petit groupe de personnages a organisé un réseau de passeurs pour faire sortir les zombies du parc grâce à une faille administrative. Mais une nouvelle venue va venir bouleverser cette entreprise.

Je suis toujours épatée par le style épuré des illustrations, et le sens du détail qui tue. Quoi que dans celui-ci, on ait moins souvent une double lecture (trame principale et petits sketchs en arrière plan). Mais il fallait me voir, le nez sur les pages pour réussir à déchiffrer les portes-nom du conseil d'administration démoniaque (fichue myopie).

Ce tome se lit vite (trop vite), laissant croire que le scénario est moins consistant que d'habitude. Il est possible que l'usage récurent de vignettes grand format n'y soit pas étranger. Ça laisse un sentiment de remplissage par le vide. Et pourtant, il y a un sacré boulot derrière ! J'avais déjà eu cette impression avec la Déesse de Nephyla/Even. Et en comparant avec les volumes précédents, on ne peut nier que celui-ci présente une atmosphère moins riche. S'agissant d'un tome à suivre, le fait de ne pas avoir une histoire complète a peut-être joué en sa défaveur.

Même si j'ai préféré les tomes précédents, dire que ce titre a été bâclé serait injuste. La diversité des scènes offre quand-même de la matière à croquer...
Entre les tractations démoniaques, les tentatives d'évasion, l'introduction de nouveaux personnages, les affrontements, les rebondissements se succèdent. Je suis très intriguée par le sabbat de sorcières, dont les enjeux me semblent très obscurs. Qu'y gagneront les sorcières ? Cette question devrait être développée dans le volet suivant.

Bien-sûr, on pourra reprocher un peu moins de scènes humoristiques (c'est là qu'Aton nous manque, quant à Sirius, il fait un peu de figuration), le récit prenant une direction un peu plus mélodramatique. Ce n'est pas déplaisant, bien qu'un peu déstabilisant quand on a été habitué à une comédie macabre. Comme d'autres lecteurs, je n'ai guère compris "l'amnésie" de Gretchen.

Oups, je spoile ! (si tu lis la suite, interdiction de couiner)
Ce qui m'a moins plu, c'est le déséquilibre entre Charlotte (la sorcière en couverture) et Gretchen, et le fait que ce soit la bombe qui puisse l'emporter (dans le cœur d'Aurélien au cours du sabbat). Ça va à l'encontre même de l'esprit de ce freaks show qui privilégie les outsiders. Gageons que ce ne soit qu'une fausse piste...

Bref, encore une fois, Arthur de Pins finit son tome sur un sacré cliffhanger. Mais le traitement un peu trop léger de son histoire risque de rendre les fans encore plus exigeants avec la suite.

Verdict : sympa, mais... à suivre ! (sadique !)

DUPUIS
48 pages

Retrouver la chronique des trois premiers tomes ici

samedi 5 janvier 2019

Happy new year, my dear !



Chers rares lecteurs, 😅
je profite de cette période de transition annuelle pour vous adresser mes meilleurs vœux.
Lisez, visionnez, soyez curieux, enthousiastes et critiques, mais surtout, profitez des richesses culturelles de notre monde !

Alors, quoi de neuf sur le front du blog ?

La cadence des chroniques s'est ralentie, puisqu'au départ, ce blog me servait à déposer les avis déjà rédigés sur des sites de vente. Après les avoir retirés de là-bas, certaines œuvres se sont retrouvées orphelines de retours client. Tant pis pour elles (ou tant mieux pour celles qui ont vu leur ratio en étoiles remonter...).
De plus, tout ce que je lis ou visionne ne mérite pas forcément un article. Certaines œuvres s'apparentent tant à des objets de consommation que je les traite comme de simples produits.

J'aurais pu continuer à chroniquer les Osez 20 histoires, qui m'ont apporté un flux impressionnant de curieux. Mais d'une part, c'est une collection qui me lasse très vite, d'autre part, l'épluchage nouvelle par nouvelle m'empêche de prendre plaisir à leur lecture.
C'est con, il m'en reste 2 ou 3 à lire, mais là, tout de suite, pas envie.

Je confirme plus que jamais mon intention de ne jamais accepter de service presse (je vous remercie de bien vouloir respecter ce choix), et d'envoyer gentiment se faire foutre les pro du putalike.

N'ayez crainte, ce blog ne tombera pas dans le cotillon et bisounours (pas en 2019, en tout cas).

Cette année, en plus de mes comptes-rendus habituels, j'ai envie de proposer d'autres horizons que le milieu littéraire. Ce dernier commence à sérieusement m'emmerder avec sa surproduction indécente, ses auteurs hystériques ou à moitié analpha-bêtes, ses blogueuses mielleuses et ses éditeurs cyniques (fermez le ban).Ça fait trop longtemps que je baigne dans cette mélasse.

Donc mon prochain billet sera sûrement consacrée à... la vie dans la peau d'une grosse, tiens !

En attendant cette marrade XXL, et d'autres sujets d'actualité qui me tiennent à coeur, je vais tranquillement reprendre mon clavier pour livrer ma première chronique 2019.

Bonne année, bonne santé, etc.

jeudi 22 novembre 2018

LA CONFRÉRIE DE LA DAGUE NOIRE 15 : L'AMANT REBELLE de J.R. Ward


4ème de couverture :
"Le traître Xcor a été condamné à mort. Pourtant, au terme d’une vie de crime et de malfaisance, seul un regret demeure : la perte de celle qui n’a jamais été sienne, l’Élue Layla. Celle-ci sait que la seule façon de sauver la vie de Xcor est de faire éclater la vérité sur ses origines. Mais cela signifie également s’exposer à perdre tout ce qui lui tient à cœur, y compris son rôle de mère… Déchirée entre l’amour et la loyauté, Layla doit trouver le courage d’affronter sa seule famille pour l’homme qu’elle aime. Et même si elle parvient à arracher le pardon de Xcor, un défi plus grand encore les attend : créer une alliance entre deux mondes que tout sépare…"

Alors, doc, verdict ?
J'attendais beaucoup de cette histoire, dont le potentiel érotique et guerrier promettait des scènes épiques.
En effet, dès la première apparition de Xcor, ce personnage a attisé ma curiosité. Avec un peu de honte, j'avoue avoir été séduite grâce à sa façon de traiter une prostituée, lors d'une scène carrément hot. Et si j'ai été déçue par le choix de lui coller une Élue dans les pattes, j'ai fini par apprécier la construction de leur relation et la révérence dont ce mâle a toujours fait preuve, malgré ses actes sanguinaires au combat.
Concernant leur relation charnelle, je suis déçue car j'espérais un peu d'innovation. Les scènes érotiques sont très classiques, ça manque clairement de sensualité. On était en droit d'attendre mieux d'un couple qui se chauffe depuis 4 ou 5 tomes !

Écrite comme le Romeo et Juliette de la saga, leur romance trouve d'ailleurs sa concrétisation finale un peu trop facilement à mon goût.
C'est contradictoire avec les premiers chapitres qui ouvrent les hostilités avec beaucoup de violence. Vhif découvre leur histoire d'amour et pète complètement les plombs, faisant ressortir le pire chez un personnage déjà peu sympathique.
Son comportement a définitivement enterré toute empathie à son égard. Son degré de misogynie atteint des sommets (misogynie déjà très présente à la base, dans cette série). Je me suis même mise à plaindre Blay, son compagnon, seul personnage un minimum intelligent et réfléchi. Je me demande encore ce qu'il fait avec ce connard manipulateur.

Point particulier de la traduction française qui a adapté certains prénoms. Merci bien, c'est vraiment la merde !
En l'occurrence Qhuinn a été transformé en Vhif, ce qui est fort peu pratique quand on remet sur le devant de la scène un guerrier prénommé Viszs (enfin Vishous, surnommé V ou Viszs, donc). J'ai déjà du mal avec les H plein les noms, mais là, ça a rendu les combats encore plus confus.

Bref, pour en revenir à la façon ignoble dont Vhif traite Layla (au point d'en rejeter sa propre fille pour une question de ressemblance), cela a créé un vrai malaise. Parce que cette haine disproportionnée, cette rancœur, ce besoin viscéral d'infliger de la souffrance et de stigmatiser une femme, m'a fait penser à la façon dont certains "résistants" tondaient les "traitresses" ayant fraternisé avec l'ennemi, pour les "punir d'avoir aimé les mauvais gars".
Ce n'est que de la fiction, mon parallèle peut paraître déplacé, mais je trouve hyper malsain de dédouaner un personnage à cause de sa relation amoureuse. J'en ai plein le dos de croiser des lectrices soupirant qu'ils "sont troooop mignons avec Blay". Non, Blay est un homme valeureux, mais son compagnon reste un sombre con, et le fait d'être homo ne lui donne pas l'absolution. Ça me rappelle cet article sur le sujet : le complexe des filles à pd
Le pardon lui est d'ailleurs accordé de manière complètement hallucinante ! Ce côté tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes m'a vraiment déplu. C'est totalement expédié, et ça renforce l'idée que le comportement de Vhif n'était pas si grave.
D'autant que les dialogues de leurs disputes s'avèrent très pauvres, les échanges entre Layla (à qui on n'accorde pas la répartie suffisante pour se défendre) et les braillements d'une violence inouïe de Vhif manquent de consistance. En bref, ça gueule mais ça n'argumente pas.

En dehors de cet aspect purement émotionnel de ma lecture, j'ai trouvé malin d'établir ce parallèle entre deux hommes aux parcours familiaux similaires. L'un vient d'une famille aristocrate et n'a aucune noblesse d'âme. Le second, malgré une existence misérable, est doté d'un fond éminemment bon. Le décalage est encore plus flagrant quand on les voit interagir avec leur "mate" (le premier veut retrouver son confort pour son propre bien-être, le second est prêt à se sacrifier pour son amoureuse).
Rejetés, maltraités et/ou abandonnés tous les deux pour une peccadille génétique (des yeux vairons pour l'un, un bec de lièvre pour l'autre), ils sont la preuve que rien n'est parfait dans le monde merveilleux des vampires à gros muscles.

Autres points intéressants présents dans ce tome (attention aux spoilers)
si Ahssaut est quasiment absent de ce volet (normal, il lui fallait un toilettage avant son propre tome), c'est peut-être pour laisser Trez reprendre un rôle plus conséquent. Je me demande comment J.R. Ward va tourner son tour de passe-passe avec ce sosie sorti de nulle part. Bizarrement, si Selena était soporifique, Thérèse est un tourbillon de franchise carrément sympathique.
La relation entre Viszs et Jane est devenue chaotique, le guerrier est en plein désamour, c'est assez triste, mais plutôt réaliste. Finalement, ça m'a suffisamment intéressée pour avoir envie de continuer à découvrir leur histoire.

Je tiens à revenir sur un point qui m'a particulièrement gênée. La misogynie ambiante, et la vision profondément raciste qui transpirent de ces pages font passer les membres de la Confrérie pour d'immondes abrutis (de toute façon, à part les muscles, aucun ne saurait concourir au pris Nobel de physique, encore moins de littérature).
Ici, les propos racistes sont dirigés contre l'humanité (ces "rats sans queue"), donc ça passe comme une lettre à la poste. J'imagine que si l'on substituait le terme "humain" contre le nom d'une communauté bien réelle, ça ne ferait plus rire personne.

Malgré tout ça, c'est une lecture très simple, addictive, follement divertissante, même si le fond m'a fait grincer des dents et la forme reste truffée de fautes. De plus, cet épisode s'avère étonnamment court pour un volume très attendu par les fans.

Tout ça pour dire qu'il est possible que j'attende encore un peu avant de jeter l'éponge.

Verdict : Décevant par rapport au potentiel de Xcor (qui ne démérite pas !) mais correct

MILADY
646 pages

LA CONFRÉRIE DE LA DAGUE NOIRE 14 : L'AMANT SAUVAGE de J.R. Ward


4ème de couverture :
"Plus rien n'est comme avant pour la Confrérie. La Société des éradiqueurs est plus puissante que jamais, mettant à profit les faiblesses humaines pour acquérir toujours davantage de moyens, d'armes et de pouvoir. Alors que la Confrérie s'apprête à les affronter, la bataille a déjà commencé pour l'un des frères.
Rhage a échappé de peu à la mort, et le sentiment d'insécurité qui l'envahit depuis le terrifie. À l'instant même où il a le plus besoin d'elle, Mary semble s'éloigner, accaparée par sa propre quête, et la seule chose qui pourrait bien les réunir à nouveau va mettre leur monde sens dessus dessous..."

Alors, doc, verdict ?
Avec sa nouvelle manie de revenir sur les anciens couples, J.R. Ward frôle souvent la correctionnelle, quand elle ne s'y vautre pas lamentablement. Apparemment, l'autrice a décidé de consacrer certains volumes à ces come-back.
Heureusement, et contrairement au retour désastreux de Kolher et Beth, cette fois, on a plaisir à lire ces retrouvailles. Normal, au vu de la popularité de Rhage et Mary (mes amoureux préférés à moi aussi).

C'est étrange, car tous ces come-back tournent autour de la difficulté de fonder une famille, condition sine qua non pour obtenir une relation pérenne.
Quand on sait que les vampires vivent plusieurs siècles, qu'un vampire "uni" est censé l'être à vie, que les grossesses vampires résultent de "chaleurs" tous les 10 ans, il y a de quoi s'inquiéter en voyant la fragilité de ces couples. Les retrouver à la limite de la rupture au bout de 2 ou 3 ans de relation casse complètement le mythe de l'amour éternel.

Ici encore, le besoin d'avoir un enfant pousse les membres de ce couple adorable (et stérile) à s'éloigner l'un de l'autre. Rhage est un hyper sensible, très immature au bord du précipice, Mary est submergée par son boulot au refuge et la misère qu'elle y côtoie.
J'ai aimé qu'on montre son désir d'adoption sans forcément le teinter d'angélisme béat. Elle songeait déjà à cette option, alors que la mère de Bitty était vivante. L'adoption est un peu trop "facile", d'ailleurs, le personnage de Bitty est trop lisse.

Autre chose d'appréciable, alors que les derniers tomes forçaient sur les scènes de sexe, sans forcément proposer de matière à côté, dans celui-ci, l'équilibre est respecté. Il y a de l'érotisme, sans que ce ne soit le propos principal. Logique, puisqu'on a déjà vécu les débuts passionnés de ce couple. Cela permet de développer d'autres intrigues et d'y mêler plus d'action.

J'ai aussi goûté au petit jeu ambigu d'Ahssaut (Asshauht, Assauh, l'autre, là !) avec Affhres (Ahfre ? putaaain !), qui apporte du piment et un côté plus vénéneux à ce tome consacré à la famille.

Enfin, on rencontre Jo, humaine fouineuse (qui partage des liens du sang avec... tadaaaam !) et probable future vedette d'un prochain volume. Avec qui la mettra-t-on à la colle, c'est le gros du suspense. Pourquoi pas l'un des salopards (la bande de Xcor) quand on aura un peu mieux creusé leur personnalité.

Bref, un tome agréable, dont on peut trouver la suite directe (l'adoption de Bitty et l'introduction de son oncle) dans les tomes 2 et 3 de la série dérivée L'héritage de la dague noire.

Verdict : Pas transcendant mais sympa

MILADY
680 pages

mardi 6 novembre 2018

LA BELLE ET LA BÊTE volume 1 et 2 de Trif


4ème de couverture
Volume 1 : Le château des mille roses

Volume 2 : L'ultime pétale
"Belle, jolie jeune fille, vit dans un hameau avec sa mère et ses deux petits frères espiègles. Lasse de cette vie rurale, elle rêve d'explorer le monde. Un rêve qui va l'amener à découvrir l'amour de la manière la plus étrange qui soit."

Alors, doc, verdict ?
C’est avec beaucoup d’excitation que j’attendais ce second volet des aventures de Mirabelle (la Belle) et de la Bête. Repoussée plusieurs fois, la date de sortie aurait pu se transformer en arlésienne (ceux qui ont poireauté des années pour le tome 2 de Songes de Terry Dodson sauront de quoi je parle), mais heureusement, cette petite attente n’aura pas entamé mon plaisir.

Déclinée en deux tomes, cette ré-écriture du conte s’est servie du potentiel érotique de l’histoire originelle pour livrer une œuvre charnelle et mélancolique. Ne connaissant pas le reste de la collection, je vais d’ailleurs me laisser tenter par une autre revisite, peut-être Cendrillon.


En privilégiant une version sombre du conte, Trif a accentué les éléments dramatiques [SPOILERS : la malédiction résulte d’un crime et non d’une simple impolitesse, le happy-end est nuancé], se détachant des « mignonneries » Disney ou Cocteau, tout en écartant l’aspect poétique/magique pour en sortir un matériau plus âpre.
Le choix d’inverser les rôles en obligeant la Belle à séduire la Bête est très intéressant. La Bête se protège, elle n’est jamais aimable ni dans une démarche galante. Mais elle est honnête et protectrice. C’est la Belle qui doit faire ses preuves pour devenir « l’Élue ».
Cela a pourtant poussé l’auteur à faire un choix en matière de point de vue, puisque les sentiments de la Bête envers la Belle ne sont jamais franchement exprimés. Si l’on comprend bien que la beauté de Mirabelle est un atout, on a du mal à discerner ce qui a fait la différence entre elle et la fée dans le tête de la Bête. Peut-être est-ce dû au besoin de Mirabelle d’apprivoiser la Bête pour lever la malédiction. Pourtant, elle ne le fait pas par générosité d'âme, mais avec une part d'égoïsme, étant tombée amoureuse du physique de la version "prince". Donc très superficiel. Son évolution est d'autant mieux amenée qu'elle surprend lorsque Belle révèle son amour alors que la situation a sérieusement empiré.

Mais je regrette deux points, dont l'un purement technique ; la police de caractère des phases narratives (hors bulles de dialogues) est illisible. Cet italique jouant sur le style "écriture à la plume sur parchemin" est loin d'être judicieux dans le genre pattes de mouche. Je devais me coller le nez contre la page pour décrypter le texte (et ce ne sont pas mes progressives qui ont aidé au décryptage). Éventuellement, en taille plus grande, l'idée aurait été sympa, mais là, non, juste non ! Je ne comprends même pas que l'effort n'ait pas été porté sur le second volume, alors que le problème avait été signalé dès le premier.
 
Le deuxième regret concerne les illustrations érotiques.
J’ai été surprise (et je l’avoue, déçue) par le décalage existant entre les scènes solitaires de Mirabelle (où la chair y est exposée crument), et celles de la Bête, y compris les scènes de couple (avec l’utilisation abusive de clairs-obscurs aux ombres parfois stratégiquement placées, ou de cadrages éloignés ou de chorégraphies softs). Cet excès de pudeur sélectif m’a un peu frustrée en tant que lectrice adulte.
D’autant qu’un clin-d’œil final semble privilégier un public féminin.

D’un point de vue purement formel, j’ai aimé le coup de crayon de Trif. C’est propre, simple et efficace. Le style réaliste très européen des personnages reste attractif (même si on retrouve ce problème récurrent de visages déformés ou peu ressemblants d’une vignette à l’autre).

Pour conclure, c’est une belle BD érotique sur un thème alléchant, avec quelques défauts, mais de belles qualités.

Verdict : Du bon boulot !

TABOU Éditions
48 pages
64 pages

dimanche 28 octobre 2018

DYNASTIES volumes 1, 2, 3 de Ilona Andrews


4ème de couverture :
Tome 1 : Entre les flammes
"Nevada Baylor s’apprête à affronter le challenge le plus ardu de sa carrière de détective. Missionnée par la famille d’un certain Adam Pierce, elle doit le retrouver et le leur ramener vivant. Mais Nevada se fait kidnapper en chemin par Mad Rogan, un séduisant milliardaire qui possède de grands pouvoirs. Entre le désir de fuir et celui de s’abandonner à son ténébreux ravisseur, Nevada hésite. Pourtant, les événements ne vont guère lui laisser le choix..."

Tome 2 : L'étincelle sous la glace
"Après une longue cavale, le tueur Jeff Caldwell a enfin été arrêté. Or les policiers l’interrogent en vain car l’une de ses victimes manque toujours à l’appel : Amy Madrid, une fillette de sept ans. Déterminée à lever le voile sur ce mystère, Nevada, détective professionnelle, décide de mener sa propre enquête. Car elle a le pouvoir de détecter les mensonges et d’obtenir la vérité, y compris quand on cherche à la lui cacher... Cependant, lorsqu’un client la sollicite, espérant lui confier une nouvelle mission, elle reconnaît qu’un peu d’aide serait bienvenue. Le puissant et séduisant Mad Rogan accepterait-il d’unir ses forces aux siennes ?"

Tome 3 : De feu et de braises
"On ne peut pas dire que Nevada porte Rynda Sherwood dans son cœur. Cette irrésistible beauté, fille d’une puissante meurtrière, a autrefois été fiancée à Rogan, son petit ami ! Pourtant, quand Rynda supplie Nevada de retrouver son mari, elle n’a pas le cœur à refuser. Son don pour déceler la vérité en toutes circonstances devrait lui garantir le succès. Ni une ni deux, elle se lance dans cette nouvelle enquête, aidée de Rogan. Lorsqu'il est à son côté, Nevada est prête à braver tous les dangers... y compris ceux qui menacent leur amour."

Alors, doc, verdict ?
Non, ne prends pas peur, gentil lecteur, en tombant sur un titre pareil !
Non, tu ne risques pas de croiser les épaulettes d'une Joan Collins en robe à paillettes !

De même que pour la série Kate Daniels, j'ai décidé de rédiger une chronique globale de la saga Dynasties de Ilona Andrews (il s'agit d'un couple d'auteurs). Constituée initialement de trois volets, il semble que la trilogie ne soit pas restée orpheline bien longtemps. Du moins en VO. Car en VF, ce n'est pas la même chanson.
Malédiction Ilona Andrews inside !

J'ai retrouvé l'originalité de la plume du couple Andrews, y compris sa façon déstabilisante de nous plonger au cœur de l'action dès l'introduction, comme un train dans lequel on sauterait en marche. Le monde de Nevada Baylor est déjà construit, riche et passionnant. Même si j'ai toujours un temps d'adaptation avant de m'immerger dans un nouvel univers de ces auteurs, je finis par y prendre énormément de plaisir.

Nevada est un bon personnage, peut-être trop calqué sur celui de Kate Daniels, dans le genre enquêtrice indépendante aux pouvoirs latents, qui va révéler son potentiel au contact de son love interest. Elle est pugnace, drôle et énergique.

Les dialogues acides entre Mad Rogan et Nevada ne sont pas sans rappeler ceux de Kate et Curran (on se chambre mais on s'attire). Cela fonctionne une fois encore, bien que le récit, plus centré sur leur histoire d'amour, propose des scènes de sexe plus développées que dans la série précédente. J'ai d'ailleurs parfois trouvé que cela se faisait au détriment des autres interactions.

Connor "Mad" Rogan est un personnage typiquement ténébreux, un tueur de masse anciennement manipulé par l'armée. Séduisant, bien qu'un peu trop binaire et stéréotypé, il tombe (trop) vite sous le charme de Nevada, mais son attirance, similaire à celle d'un prédateur, m'a laissée un peu en dehors. J'ai eu du mal à croire à leur romance, uniquement axée sur une fascination mutuelle et le désir et non sur l'entente et la vraie tendresse.
Les personnages secondaires sont excellents, singuliers, bien définis, et dotés du grain de folie nécessaire pour emporter l'adhésion. J'apprécie particulièrement qu'Ilona Andrews ne décime pas la distribution pour tirer sur la corde sensible et appuyer artificiellement sur l'aspect émotionnel. J'ai horreur de perdre un personnage en cours de lecture. J'espère que les personnages de Catalina et Arabella (les sœurs fofolles de Nevada) seront mis en vedette dans un prochain volume, et je croise les doigts pour qu'un éditeur ambitieux dans le genre de MxM Bookmark (qui a repris les droits de Kate Daniels) poursuive la traduction des romans estampillés Ilona Andrews !

Les enquêtes elles-mêmes sont peu développées, et les grands vilains de chaque tome manquent de charisme par rapport aux dégât occasionnés, et ça, c'est assez surprenant.

Le premier volet pose donc les bases, apporte son lot de péripéties, tout en faisant tournicoter le couple vedette sans lui permettre de concrétiser.
Le deuxième épisode est plus sombre. Les morts sur lesquelles Nevada enquête sont poignantes, le sentiment de vies gâchées n'y est pas occulté, c'est d'ailleurs très intéressant dans un "simple" roman de fantasy. Par ailleurs, j'ai adoré la scène des furet cambrioleurs.
Le troisième tome utilise les mêmes ficelles (émotion, action, érotisme) en y ajoutant des enjeux politiques plus lointains, qui permettraient de développer d'autres tomes.

Pourquoi j'aime cette série ?
Parce qu'une fois happée, il m'a été impossible de lâcher ma lecture, m'obligeant à enchaîner les trois tomes d'une traite.
C'est rythmé, malin, c'est assez novateur, cela ne se résume pas à une vague intrigue autour d'une romance, les personnages ont une réelle densité, et c'est facile à lire sans être simpliste.

Dommage qu'Ilona Andrews soit aussi mal traité par les éditeurs français (d'abord Bragrelonne qui a abandonné Kate Daniels, puis J'AI LU qui a stoppé sa collection Crépuscule). Ce couple d'auteurs fait partie des meilleurs sur le créneau de l'Urban fantasy, et mérite d'être découvert et suivi par les lecteurs français.

Verdict : une excellente série, pleine de peps et d'action.

J'AI LU
473 pages
503 pages
502 pages