jeudi 14 juin 2018

GOLEM réalisé par Juan Carlos Medina


Synopsis :
"Londres, 1880. La population est en émoi après que plusieurs meurtres sont commis dans le quartier de Limehouse. Beaucoup incriminent le Golem, une créature légendaire et surtout terrifiante. Au même moment, Lizzie Cree, célèbre chanteuse de music-hall, est soupçonnée d'avoir empoisonné son mari. L'inspecteur John Kildare est chargé de l'enquête."

Acteurs :
Bill Nighy, Olivia Cooke, Douglas Booth, Maria Valverde...

Alors, doc, verdict ?
J’ai longtemps hésité à livrer une chronique de ce film, en raison du sentiment ambivalent qu’il m’a laissée, entre fascination et malaise.

Intriguée par le sujet, je m’attendais à un film d’épouvante gothique à l’anglaise. Ce n’en est pas un. Le Golem, monstre d’argile du folklore hébraïque, n’est en fait que le surnom du tueur qui sévit dans les rues de Londres. Le synopsis joue trop sur cette ambiguïté et risque de décevoir les amateurs de fantastique. Dommage.
Entre Charles Dickens, Conan Doyle et Penny Dreadful, GOLEM utilise l’atmosphère de cette fin XIXème pour distiller efficacement un ton sombre, crasseux et malsain. La trame mêle habilement le passé et l'histoire en cours, proposant aussi des scènes alternatives (les hypothèses liées à l’enquête), sans pour autant rendre le fil du récit trop confus.

Bill Nighy, que j’ai découvert dans Underworld et apprécié dans Love actually ou Good morning England, campe avec justesse un inspecteur de seconde zone, usé et dépassé. Placé en première ligne pour sauvegarder la réputation de l'enquêteur vedette en cas d’échec, il va plonger dans cette ténébreuse affaire au point d’y perdre ses dernières illusions. La sobriété, et l’élégance du comédien permettent à l’actrice principale, Olivia Cooke, d’exprimer son art, en lui laissant le devant de la scène. Derrière une apparence d’oisillon tombé du nid, cette actrice dégage une présence phénoménale. Tour à tour fragile, inquiétante, pathétique, émouvante ou grotesque, son personnage de Lizzie Cree dévore la pellicule et imprègne le film de son empreinte singulière. Douglas Booth est excellent en comédien satirique, flamboyant sur scène et bienveillant en privé.

Si le suspens n’est pas forcément le meilleur atout de ce film, l’ambiance et les qualités techniques (décors, prises de vue, costumes) rattrapent ces faiblesses. Je regrette tout de même l’aspect caricatural de la « grande révélation », qui paraît expédiée et peu cohérente avec le reste.

D’un côté, cette histoire de serial-killer à la Jack l’Éventreur est très classique, mais le traitement graphique ainsi que le jeu des acteurs la rendent singulière au point d’en conserver un souvenir et un malaise tenaces, bien après l’avoir vue.

Verdict : Pas mal

CONDOR Entertainment
105 minutes

mercredi 13 juin 2018

Réseaux sociaux et romance, épisode 3 : ces statuts qui cherchent l'embrouille

http://www.wallpapersfans.com/ninja-cat-fight-funny-wallpaper/

Aïe aïe aïe ! Tel l’auteur devant sa page blanche, je n’ai pas réussi à chroniquer un roman de tout le mois. Réduite à errer sur facebook comme un zombie dans Raccoon City, ça m’a laissé du temps pour accumuler de quoi écrire un nouvel article-qui-frotte-qui-pique. Il faut reconnaître que la romanticosphère m’a encore gâtée. Survoltée, toujours prompte à réagir dès l’étincelle de la polémique activée, elle ne déçoit jamais. Il m'a donc semblé amusant de relever les sujets susceptibles de coller à l'épisode du mois : Comment créer son drama pour briller en Société.
Aussi, c’est reparti pour une nouvelle aventure de notre série « garçon, siouplaît, un facepalm et une tisane ! ».

Tiens, si je recopiais mes lectures pour devenir un auteur à succès ?
(par contre, si j’en prends un à faire de même, je lui pète les rotules !)
J’ai la faiblesse de croire que les autrices de romance, incriminées dans de telles affaires, ignorent tout ce qui touche à la propriété intellectuelle et au plagiat, et qu’elles vont se renseigner sérieusement au premier coup de semonce (autrement qu’en écoutant les encouragements débiles de groupies mal informées).
En copiant sans vergogne des trames de romans à succès, ou en s'appropriant des phrases complètes d’œuvres existantes, l’autrice  finit souvent par prendre un scud dans les dents. Il y aura toujours quelqu'un pour reconnaître l’œuvre originale. Toujours. Que ça prenne deux jours ou des années.
Dans le cas qui nous intéresse, l’absence d’excuses rapides (autrice et maison d’édition), une défense maladroite en mode vertu outragée (« mais heu, j’ai pô copié, je m’ai inspiré. D’abord »), et un sentiment d’impunité mâtiné d'arrogance ont transformé une anecdote malheureuse en cas d’école digne des pires fails de la communication. Bravo, clap-clap.

Tiens, on est dimanche et je m’emmerde grave (comme beaucoup de dimanches dans la romanticosphère). Et si je me servais de ma position d’influenceuse pour provoquer un scandale ?
Je suis sûre que vous avez déjà remarqué ce regain d’activité sur les réseaux sociaux, tous les dimanches après-midi. En l’occurrence, le dernier drama sciemment mis en scène aura servi à saboter un événement. Enfin... écorner un peu plus la réputation d’un éditeur très critiqué pour la qualité éditoriale de ses ouvrages et sa logique commerciale agressive (en même temps, si les éditeurs bossaient pour le couvent des Ursulines, ça se saurait). Il aura suffi d’un statut un peu fielleux. Et pouf ! Magie du direct, un drama tout cuit qui a occupé la blogo au lieu d’aller jardiner.

Tiens, et si j’obtenais des évaluations qui déchirent sa mère ?
Ok, la méthode attire souvent les brêles à concours, qui s'empressent de revendre les lots ou de les stocker dans une armoire déjà pleine. Encore qu'ici, demander une vraie contrepartie, et non un like (qui peut être retiré aussi vite), permet de trier les participants.
— Un avis contre un cadeau. Pas cher, pas cher, achète mon livre, copine, commente-le en bien (on n’est pas dans le BTP, démolition interdite) et participe au tirage pour gagner LE cadal.
Si la technique est imparable, elle engendre des avis orientés d'une honnêteté douteuse, renforçant la méfiance envers Amazon et consorts. Par ailleurs, je ne suis pas sûre que ce soit efficace pour améliorer les ventes. Mettre 15 euros dans un roman et se fendre en plus d'un commentaire, sans certitude de remporter un tote bag à 3 euros, comment dire... Tout ceci n'aura pas échappé aux yeux de lynx de la blogo, qui s'est fait un plaisir de dénoncer la pratique. 
— Comment ça, subornation de lecteur, m’sieur l’juge ? Mais sinon… tu veux un sac ?

Tiens, et si j’abusais du teasing pour annoncer… que dalle, en fait ?
Il n’y a donc que moi que ça gonfle, ces statuts #balancetonvide, où la personne partage une phrase sibylline (genre : quand on t'a promis des trucs et que c'est pas vrai), ou mieux, qui accuse sans nommer, aiguisant la curiosité et les questions des followers, sans jamais y répondre ? Dans le même esprit, ces vieux renards, rompus à l'exercice, qui cherchent à entretenir l'intérêt en annonçant avoir reçu une graaaande nouvelle,  forcément secrète (jusqu'au spoil imprévu de blogueuses, pressées de balancer du scoop) ?
N’a-t-on pas alors envie de leur répliquer « crache ta valda, ou ferme-la » ou «arrête de spammer mon fil d'actualités avec tes annonces moisies» ?

Tiens, et si je moissonnais des amis, pour transformer cette récolte de lapins crétins en lecteurs présentables ?
Un peu comme les impôts qui reviennent tous les ans, tu as des auteurs qui te veulent comme best friend forever à chaque nouveau roman qu'ils sortent. L'art réside dans leur faculté à te prendre pour un contact prêt à liker puis jetable,  une fois l'actualité passée et le grand nettoyage de printemps effectué. Ça prouve tout l'intérêt porté à ta petite personne insignifiante.  À la différence des impôts, ces auteurs n'en veulent évidemment pas du tout à ton pognon. Lol. Lololol. Mais contrairement aux impôts qui ne te lâchent jamais (in fidelis we trust), ces auteurs ont la barrette de mémoire qui flanche.  Et aucun scrupule à renvoyer une invitation à leur sortie suivante, accompagnée de l'incontournable page à liker. Des fois que tu serais assez conne pour remettre ça.
Alors, tu acceptes ou pas, cette fois ?

Voilà, comme il ne faut pas abuser des bonnes choses, etc. je te laisse méditer (ou médire) tranquille.
Conseil de tata Beedee : n'oublie pas de manger 5 fruits et légumes par jour, mais attention de ne pas être pris.e pour une poire !


jeudi 17 mai 2018

Chronique négative... a-t-on encore le droit d'en émettre une, ou faut-il un mot de sa maman ?

Après quelques mois d’existence et une audience restée ultra confidentielle jusqu'ici, le blog a récemment connu une brusque flambée des visites, juste après avoir reçu son premier scud d'un auteur (pas content, le monsieur, pas content du tout). Je suppose donc que l'article incriminé a été partagé, commenté, démonté ou raillé, même si Blogger ne permet pas à ses utilisateurs un visuel sur ces partages.
La cause ? Un avis négatif sur une de ses nouvelles.
Étrangement, de nombreux auteurs imaginent qu’une fois écrite, leur histoire va convenir à tout le monde, et se montrent alors désarmés lorsqu’ils obtiennent des retours négatifs. L'attaque retour s'imposant à eux comme la solution la plus évidente, on en arrive à des dramas (polémiques sur des sujets souvent futiles, mais qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses, suivant l'ampleur du mouvement).
Dans un monde équitable, qui juge l'œuvre d'autrui, accepte de voir son avis jugé en retour.
Adepte de ce principe, il m’a paru légitime de voir débarquer l’auteur, venu défendre son travail (bien qu'en lisant ses interventions, j’hésite encore sur l’idée maîtresse de son argumentaire. Cherche-t-il à me convaincre de m'être fourvoyée, ou que je ne suis qu'une sombre conne juste bonne à analyser la presse people - très divertissante, ceci dit - et m'en tenir au rôle de ménagère décérébrée ?).
Pourtant, à une époque de plus en plus frileuse, où chaque faux-pas est susceptible d’occasionner une mise à mort virtuelle, nous aurions tendance à apposer une montagne d’avertissements pour justifier nos goûts, notre état d’esprit, et parfois même, nous en excuser. Le but d’un tel usage étant d’éviter de froisser gratuitement les susceptibilités au profit d'un bon mot, et plus sérieusement, de ne pas impacter les ventes. C’est d’ailleurs pour cela que ma page d’accueil rappelle que les opinions exprimées sur ce blog relèvent d’un seul individu, et ne se transforment pas en règles immuables. Par ailleurs, je me suis toujours attachée à distancier la personne de son œuvre. Je ne mâche pas mes mots, mais je ne m'en prends qu'aux mots de l'autre, pas à sa personne.
Le paradoxe, c'est qu'en devenant trop consensuels, nous avons perdu en degré d'exigence et en esprit incisif.
Alors soit.
Redevenons des blogueurs en accord avec nos convictions, assumons-les. S’il faut prendre des coups de bâton pour soigner l’ego malmené d’un auteur, nous les recevrons avec grâce et élégance (ouais, ouais, c'est ça, loool !). Et au détour de cette petite crise d’humilité, nous continuerons à penser tout le bien d’en voir dégringoler d’un piédestal tenu pour acquis, ou de percer leur petite bulle de vanité, en leur apprenant que personne ne fait l’unanimité.
En langage zombie ça donne : Peeeersonne... Jaaaamais... Cerveaaaau...
Bref.
On peut entendre le mot critique comme un terme générique, permettant d’évaluer, juger, apprécier, analyser, commenter, chroniquer, etc. une œuvre. Il est vrai que c’est plus souvent le sens négatif (blâmer, fustiger) que l’on retient.
L’actualité du blog ayant relancé l’éternel conflit entre blogueur et auteur, il m’a semblé pertinent de développer la version négative d’une critique.
Ou l’équilibre compliqué entre honnêteté intellectuelle et Qui veut gagner un bad buzz…
Pratique très à la mode en ce moment, le bad buzz est souvent orchestré par ceux (producteurs/éditeurs, auteurs/réalisateurs) qui cherchent à vendre un produit artistique en jouant sur son aspect sulfureux. Mais pour que la mayonnaise prenne, il faut un public réceptif, tout prêt à suivre les petits cailloux scrupuleusement laissés à son attention.
Dans le cas de la littérature, le nombre de sorties mensuelles est énorme. Cette surproduction, de moins en moins raisonnée, oblige les éditeurs/auteurs à adopter une promotion plus agressive (si c’est à moindre coût, c’est encore mieux). Actuellement, envoyer un service-presse hors des thèmes de prédilection du blogueur, c’est la garantie d’un carnage assuré (encore faut-il qu’il prenne le temps de le lire). Au départ de la vague, il y a donc une personne, qui jette intentionnellement le roman en pâture. Procédé discutable, mais hautement efficace. À la réception, on a un blogueur mal préparé, qui n'a pas forcément les éléments de langage ou l'envie de lire ce type de roman. À l'arrivée, on a une chronique épidermique de rejet, qui selon la notoriété du blogueur, est susceptible de déclencher un tsunami. La curiosité créée autour d'une critique assassine lui amène souvent un lectorat plus étendu que prévu.
Appuyer là où ça fait mal ne doit pas être synonyme de honte, lorsqu'on prétend chroniquer honnêtement.
La mauvaise critique a une vocation d’avertissement. Pour gagner ses lettres de noblesse, elle ne peut se contenter d’un « c’est trop pas bon ». Elle se doit d’être un minimum approfondie, réfléchie, argumentée. La question de l’objectivité est plus compliquée à déterminer, surtout dans un domaine qui fait essentiellement appel aux sensations individuelles. Si on ne peut empêcher les émotions d’orienter un avis (après tout, une œuvre est censée en procurer), on doit garder la tête suffisamment froide pour analyser tous les éléments proposés. De nombreux blogueurs utilisent une grille d’évaluation ou prennent des notes en cours de lecture. En s'appliquant à rendre un avis le plus complet possible, on y gagne en crédibilité. Il ne suffit pas de cracher son humeur pour être écouté.
Un peu comme à la cantine.
Au lieu de dire « j’aime pas les choux de Bruxelles » (réponse : on s’en fout, mange !), dire « je n’aime pas les choux de Bruxelles parce que leur goût est trop amer » (on s’en fout aussi, mais il y a une explication).
Chroniquer un livre, c’est pareil. On explique, on défend son point de vue. Bref, on JUSTIFIE. Il arrive qu’on croise un : « j’aime pas les choux de Bruxelles parce que je ne mange que de la viande ». En gros, je n’aime pas/ne lis pas ce genre-là. Sous-entendu : «  je pars avec un a priori défavorable. À toi, Œuvre, de me faire changer d’avis ».
Après tout, le blogueur peut évoluer. Ses goûts sont légitimes, ils sont la conséquence d’un vécu, d’une culture, d’un degré de tolérance et de curiosité, [qu’on ne saurait remettre en question sans passer pour un cuistre incapable de faire ce travail d'introspection...]. Mais rien n’est figé dans le marbre, un lecteur (qui est peut être le blogueur) peut se familiariser avec un genre grâce au "bon" roman, celui qui aura les clés compatibles avec sa sensibilité. Cette œuvre peut rendre poreuses les barrières érigées initialement par ce lecteur.
Pourquoi la chronique à charge recueille-t-elle une si mauvaise presse ?
Associé au profil de la grande gueule désagréable (dont certains influenceurs tirent une petite fierté), dire du mal, c’est d’une certaine façon, renvoyer une image peu flatteuse de soi. C'est voir le verre à moitié vide. C’est associé à la méchanceté, à l’envie de nuire, à l’aigreur, etc.
Toutefois, je n’adhère pas au principe du silence lorsqu’une œuvre a déplu. On reproche suffisamment aux blogueuses de romance leur complaisance envers des partenaires éventuels, pour comprendre tout l'intérêt d'une chronique nuancée ou franche du collier.
De plus, les réseaux sociaux ont fait tomber bien des barrières, dont celles qui marquaient le territoire de chacun. Aujourd’hui, le lecteur cherche la proximité avec son auteur favori (avec l'impression d’être intégré à son entourage privilégié, ou de faire partie de sa garde rapprochée). Quant à l’auteur, c’est le contact direct avec sa fan-base qui l’intéresse, car elle se montre bienveillante et encourageante. Le problème, c’est qu’en gommant certaines frontières, j'ai le sentiment  qu'on a empêché l’artiste de prendre du recul sur son œuvre. On lui en parle sans arrêt, il espère des retours de plus en plus importants, et ne s'en détache jamais réellement. Dès lors, chaque remise en question de son travail devient une attaque contre sa personne.
Or en tant que lectrice, je ne suis pas là pour ménager la susceptibilité d’un artiste. On m’a vendu une œuvre, j’en attends quelque chose. En littérature, on appelle ça le contrat de lecture. Si le contrat n’est pas respecté, le lecteur a le droit d’en faire part, dans le respect de certaines conventions sociales. Cet avis, s'il n'engage que celui qui le donne, n'en reste pas moins un avertissement, et propose un autre angle de lecture.
Mais alors, que risque-t-on à critiquer une œuvre ?
Si ce n’est que l’œuvre, ma foi, pas grand-chose, en dehors des menaces de damnation éternelle (des promesses, toujours des promesses...), à condition de prouver ses griefs. Justifiez, argumentez, prouvez ! On ne le répètera jamais assez.
À partir du moment où on attaque le créateur, on risque de tomber dans la diffamation. La frontière est mince. Souvenons-nous de la condamnation en 2014 d'une blogueuse ayant vertement critiqué un resto (en fait, elle s'en était pris aux employés).
Et ceux qui ne parviennent pas à faire la différence entre une attaque ad hominem et une attaque ad personam sont gentiment invités à consulter Google et le petit Schopenhauer illustré.
Comment gérer l'intervention de l'auteur ou de ses fans lorsqu'on a partagé sa déception sur son blog ?
Il me semble que la courtoisie est indispensable. En malmenant une œuvre, on a déjà salement touché une personne. Cela ne sert à rien d'envenimer les choses en accentuant l'ambiance agressive, même s'il y a des limites à ne pas dépasser [quand on cherche à m'écraser de son mépris aussi répété qu'absurde, on me trouve]. Mais rien n'empêche d'ouvrir le débat lorsqu'on sent la discussion possible. En bloguant, nous sommes pleinement acteurs du jeu des réseaux sociaux, il me paraît donc indispensable de permettre un droit de réponse à celui qui le requiert. Parfois, il s'agit simplement d'une incompréhension, qu'un échange plus développé peut lever. Cela ne veut pas dire qu'il faut revenir sur sa chronique pour en ôter tous les points litigieux. S'ils nous posaient un problème lors de la lecture, cela veut probablement dire que le texte n'a pas su faire passer le bon message. Mais si l'échange se passe dans le respect mutuel, on peut toujours user de tournures moins abruptes.
Au final, une chronique négative, ça sert à quoi ?
Je ne sais pas vous, mais moi, quand je cherche des avis sur un livre ou un film, je lis souvent ce qui s’en dit de mal. Bien-sûr, ça a un petit côté mesquin, voyeur. Ce n’est pas beau, ce n’est pas moral, ce n’est pas bienveillant, mais c'est la réalité.
Si j'étais gentille et élevais des licornes, ça se saurait.
De façon plus pragmatique, lister les qualités sans occulter les défauts d’une œuvre est un bon moyen d’en évaluer le contenu. Une sorte de pré-tri facile. C'est aussi un gage de crédibilité, au sein d'un milieu, qui a vite fait d'endormir les velléités d'indépendance en proposant des partenariats. Les livres coûtent de plus en plus chers, la tentation de se les faire offrir en échange d'une petite chronique toute joyeuse arrive plus vite qu'on ne croit sur la table des négociations...
Ça peut aussi servir. À l'auteur comme à son équipe. On peut toujours s'améliorer. Une critique bien rédigée est une forme de conseil. Encore faut-il avoir assez de recul sur son œuvre pour être en mesure d’en tirer un enseignement.
Apprendre de ses erreurs, ne jamais rien prendre pour acquis, tolérer la liberté d'expression chez autrui, autant d'épreuves sur le chemin de l'auteur, et qui valent aussi pour le blogueur.
Voilà à quoi sert une critique négative selon moi.
Voilà aussi pourquoi elle me semble indispensable.

jeudi 10 mai 2018

Gothique, fantastique victorien ou steampunk, ce cinéma de genre encore trop rare sur nos écrans !


Aujourd'hui, plutôt qu'une chronique ou un billet d'humeur, j'ai eu envie de partager avec vous mes films fétiches, ceux qu'on associait aux courants gothiques, fantastiques ou steampunk.
Cette liste n'est pas exhaustive, c'est une sélection personnelle donc forcément orientée. Elle n'est pas très longue, les films contemporains de ce type sont relativement peu nombreux, malgré une esthétique puissamment évocatrice.
Les fans attendent encore leur Graal.

Le steampunk est un univers rétro-futuriste d'aventures particulièrement fascinant, riche, complexe et bien représenté en littérature mais très rare au cinéma. Son identité visuelle particulièrement attrayante, mêlant Belle Époque ou Ère Victorienne et technologie avancée assez anachronique, se marie particulièrement bien à la fantasy, dont on pourrait l'assimiler à une branche (les connaisseurs voudront bien me reprendre si je me trompe).
Les conventions Steampunk connaissent un énorme succès, et certains sites sont de vraies mines d'information pour un genre dont on compte Jules Verne ou H.G. Wells comme précurseurs. Pourtant, le pur steampunk réunit une filmographie assez maigre, ce qui est regrettable.
Si je devais citer un film steampunk inévitable, ce serait La ligue des gentlemen extraordinaires (même si le décevant Wild Wild West propose une version tout aussi représentative). Pourtant, on oublie Le tour du monde en 80 jours, qui exploite par touches régulières cet univers, même si le show calibré pour Jackie Chan a un peu occulté l'esprit de ce film d'aventures.

Le gothique, tel qu'il est vu aujourd'hui, mélange romantisme morbide à la Rimbaud ou Allan Poe, esthétique victorienne, architecture médiévale, mystères et relations vénéneuses dans une ambiance plutôt macabre.
On pense immédiatement au génial Sleepy Hollow de Tim Burton, réalisateur typique de ces films de genre (Dark Shadows en est une déclinaison plus burlesque). Dans le style manoir hanté, intrigue machiavélique et héros ténébreux, on trouve Crimson Peak, qui m'a pourtant laissé un goût d'inachevé, ou La dame en noir et son ton désespéré. Pas forcément fantastique même s'il flirte allègrement avec l'occulte, le film gothique est aussi friand de lieux inquiétants. Ainsi, Eliza Graves (Hysteria en VF) installe son intrigue dans un asile.


Le fantastique "victorien" propose deux courants, les grands thèmes de l'épouvante (Vampires, loups-garous, fantômes et monstres "classiques") qu'on pourrait confondre sans problème avec le mouvement gothique, et la fantasy plus douce et enfantine.
The Wolfman me paraît une belle illustration du premier (bien que Dracula en soit l'emblème), et Peter Pan du second. Citons encore L'inévitable Alice in Wonderland ou Nanny McPhee.
J'ai une tendresse particulière pour Le jardin secret et La petite princesse (adaptation par Alfonso Cuaron du drame de Frances H. Burnett), qui ne sont pas à proprement parlé des films fantastiques, mais bon, c'est mon blog, je fais ce que je veux 😁. J'ajoute à cette sélection l'intriguant Secret de Moonacre dont les costumes sont une splendeur à eux seuls.


Puis il y a ces inclassables, qui utilisent le style steampunk, le grain de folie ou l'atmosphère victorienne sans être situés à cette époque. C'est ce que j'appelle l'esprit Burtonnien. Tous ces films ont pour points communs une identité visuelle forte alliée à une esthétique éblouissante (décors, costumes, effets spéciaux, éclairage et musique d'ambiance).


Et bien entendu tous ceux qu'on cite régulièrement pour illustrer ce mélange des genres.

Bref, une liste, qui peut aider les fans de films de steampunk/épouvante/fantasy en costumes (ou contemporains).

Je referme ce sujet (que j'espère pouvoir éditer malgré tout, pour l'enrichir de nouveaux films) avec un rapide aperçu de mes BD ou comics préférés dans ce genre.

 Blogger réduisant d'office la taille des images et imposant leur disposition dans l'article,
pour élargir le visuel des couvertures, il suffit d'un clic dessus.

mercredi 2 mai 2018

SEX AND THE TV de Octavie Delvaux


4ème de couverture :
"Les coulisses de la télévision, où règnent jalousie et luttes de pouvoir, réservent bien des surprises à Charlotte, devenue chroniqueuse cuisine dans une émission quotidienne. Entre les avances très hot de la présentatrice vedette et les menaces d'un mystérieux maître chanteur, la jeune femme ne sait plus où donner de la tête. Et c'est sans compter le départ de son chéri pour le Brésil qui laisse le champ libre à de nouvelles expériences sexuelles... Heureusement, ses deux meilleures amies – Morgane, la fashionista délurée, et Déborah, la dominatrice en mal d'amour – répondent toujours présentes... Tentations, fantasmes, sextapes et trahisons sont au programme de cet opus à l'érotisme torride et à l'humour toujours aussi décoiffant."

Alors, doc, verdict ?
Si Octavie Delvaux a marqué de sa patte élégante, sexy et incisive un certain nombre de recueils Osez 20 histoires, c'est en version solo qu'elle m'a définitivement séduite avec son premier opus. Aujourd'hui, elle réitère l'exploit pour mon plus grand plaisir.

Le premier volet des aventures de Charlotte, Déborah, Morgane et l'adorable Ben, Sex in the kitchen, était un délice de drôlerie, d’irrévérence, de féminisme, d'érotisme et de gouaillerie très frenchy (ma chronique : ici ). Cette suite contient les mêmes ingrédients, qu'elle mélange avec malice, pour un plat épicé pile ce qu'il faut. L'unique bémol que j'émettrais tient au côté "bouffeuse de graines" prosélyte de Charlotte, mais ça fait partie intégrante du personnage, alors...

L'intrigue a été enrichie d'un peu plus de matière même si elle est assez simple (pas de prise de tête, on reste dans le fun et la légèreté), et de nouvelles têtes. La mise en place est un peu longue, faisant craindre un moment de ne pas retrouver la verve de nos personnages favoris. Puis peu à peu, on se surprend à sourire, glousser, puis rire franchement.

Encore faut-il être réceptif à ce type de littérature décomplexée et être doté d'une bonne dose de second degré ! Justement, je craignais le "dérapage", gentiment spoilé par des lecteurs déçus, mais en définitive, il s'intègre assez logiquement à l'esprit libertin qui souffle sur ce roman. Rien n'est tragique, tout se répare.

J'ai adoré retrouver ce trio de choc et de charme, sa mauvaise foi, ses petites mesquineries et arrangements avec la vérité, les imperfections de ces héroïnes qui les rendent si accessibles, malgré un côté caricatural avéré. Après tout, c'est ce côté show-off qu'on adorait chez la Samantha de Sex & the City !

C'est brillant, pétillant, cru et vulgaire aussi, mais tellement drôle !
Oui, c'est drôle, je me suis encore surprise à rire à de nombreuses reprises, plus particulièrement grâce aux plantades de Morgane ou aux rapports salés entre Déborah et ses soumis.
À rougir légèrement aussi, lors de l'évocation de certaines scènes, même si la plus époustouflante se trouve dans Sex in the kitchen.

Ici, on reste dans la chik-lit qui parle de cul plus que dans le roman érotique pur jus.

Cette liberté de ton, cette grivoiserie, cette sincérité, c'est l'antithèse des romances érotiques bourrées de purple prose bien gluante et de concepts rétrogrades au possible qu'on nous vend en romance.
En réussissant à donner une teinte très parigote, contemporaine et fun, tout à fait dans l'esprit de la série TV dont elle s'inspire, Octavie a de nouveau gagné son pari.

Verdict : coup de cœur confirmé ! 💖

LA MUSARDINE
330 pages

dimanche 15 avril 2018

OSEZ 20 HISTOIRES DE CANDAULISME de Collectif


4ème de couverture :
"Le candaulisme, c'est le fantasme de voir son ou sa partenaire faire l'amour avec une autre personne, en participant ou non. En constatant qu'il était de plus en plus répandu dans la population, nous avons logiquement décidé de lui consacrer un recueil. Et le moins qu'on puisse dire est qu'il a inspiré nos auteurs ! Ils vous raconteront, dans 20 histoires aussi diverses qu'excitantes, ce qu'il se passe dans la tête des candaulistes et de leurs partenaires. Qu'est-ce que ça fait, de voir sa femme prise par un autre homme ? Qu'est-ce que ça provoque, de voir son homme faire jouir une autre femme ? Jalousie ? Désir ? Un mélange des deux ? À mi-chemin entre amour passion et libertinage débridé, ces 20 histoires vous diront tout du candaulisme... au risque de vous donner envie de vous y mettre à votre tour ?"

Alors, doc, verdict ?
20 histoires, 20 auteurs, 20 sensibilités pour raconter le candaulisme.
C'était la promesse. Le candaulisme a ceci de particulier qu'il permet une variété de schémas assez limitée. Dès lors, l'originalité réside dans la plume de chaque auteur. À l'arrivée, peu d'entre eux ont su jouer avec le thème pour le transcender
Alors qu'avec les autres Osez, je m'étais attardée sur mes nouvelles préférées, cette fois, j'ai balayé l'ensemble des textes. Je les ai d'abord notés, afin de les classer par ordre de préférence. Mais les notes, c'est bon pour l'École des fans, on est d'accord.
Par ailleurs, je savoure les textes petit à petit, en une ou deux semaines, afin de garder une certaine fraîcheur d'analyse, et éviter ainsi la lassitude d'un marathon sexuel de papier.

Il est entendu qu'il s'agit d'une chronique basée essentiellement sur l'aspect émotionnel. On lit rarement les Osez 20 histoires pour se titiller le cortex... toutefois, cela n'enlève pas l'intérêt d'une seconde grille de lecture, plus stricte, qui permet de mettre en avant des plumes aux qualités indéniables.

Avant de conclure cette présentation, j'aimerais revenir sur deux points qui m'ont frappée, même s'ils sont communs ou dispensables, dans des recueils consacrés au fantasme sexuel.
Dans beaucoup d'histoires où la femme s'offre sans complexe, on retrouve les termes de pute ou de salope. Ce qui m'a dérangée, c'est l'idée véhiculée qu'une femme aux mœurs libres mérite d'être salie, comme si on lui reprochait de faire bander. Une femme qui aime le sexe est forcément une vicieuse. Une vicieuse est forcément une femme méprisable. Surtout lorsqu'on lui oppose un compagnon complaisant au regard amusé plus ou moins bienveillant. Vision condescendante et paternaliste au possible. Le plus dommage étant de lire ces mots sous la plume d'autrices.
Le second élément m'ayant un peu gênée, c'est l'absence de préservatif dans ces jeux du sexe avec des inconnus. Je comprends tout à fait le plaisir transgressif de ces scènes peau contre peau, fluides contre fluides, mais la fille raisonnable en moi en a parfois conçu une petite défiance.

Étant sensibilisée sur ces questions depuis un moment, j'ai probablement une approche trop politiquement correcte pour le côté transgressif de certaines nouvelles. C'est une littérature où les tabous ont droit de cité, de toute façon, ça reste de la fiction destinée à des adultes avertis.

1) Rapprochement de ChocolatCannelle.
J'ai eu du mal  à entrer dans l'histoire (un couple séparé par la distance drague leur guide touristique), les deux premières pages contextualisant un quotidien sans relief. Je n'ai pas aimé le style, en revanche, la suite du scénario m'a plu. Cette promesse d'un acte plus concret invite au fantasme.

2) La méthode Meisner d'Eugénie Daragon
Une histoire de théâtreux bien décidés à attirer une jeune proie dans leurs filets. L'alternance du temps de narration (passé composé, imparfait, passé simple, présent) m'a semblé maladroite. L'histoire est irrévérencieuse, plus cochonne qu'excitante.

3) Zaiana de Valéry K. Baran
Une histoire d'amitié ambiguë qui sert de cadre à une partie fine. L'autrice, que j'ai adorée avec son Initiation de Claire (voir chronique ici), propose une scène érotique en miroir, usant d'une pincée de diversité pour enrichir son panel de personnages. Agréable à lire, elle manie efficacement la montée du désir et une sensualité à fleur de peau, jusqu'à cette conclusion, inévitable.

4) Point de vue de MMK
Habitué(e ?) des recueils Osez, MMK donne la parole au "gars qui veut pas", mais alors vraiment pas ! Et c'est drôle ! La plume est fluide, le ton familier, proche du lecteur (une lectrice en l'occurrence) nous plonge aux côtés de ce couple pour une expérience qui va s'avérer sexy et concluante ! Bien joué !

5) La valise de Jon Blackfox
Le contexte est original, même si le réalisme en pâtit un peu. J'ai immédiatement compris l'intrigue, ce qui m'a un peu sortie du récit. J'ai apprécié l'écriture assurée, moins le manque de relief et de sensualité du texte.

6) L'amour est dans le prêt de Cornelia B Ferrer
Sur les plages naturistes, il s'en passe de belles ! Le point de départ du couple FF (lesbien) est original. J'ai aimé que l'autrice joue avec les pensées et les fantasmes border-line de sa narratrice. Peut-être un peu trop crues, les scènes érotiques n'en restent pas moins efficaces (chaud !).

7) Non pratiquante de Prax
Prax propose un couple dont la femme, lesbienne "non pratiquante", va nourrir ses fantasmes grâce à son homme. Si le couple joue avec le feu, c'est aussi par le biais des pensées de cette femme qui en saisit le danger à mesure que la tension monte entre son homme et l'amante d'un soir. Le texte et la situation sont très excitants.

8) Le compromis de John Faredes
On reprend le scénario classique du cocu qui plutôt que subir, va se faire complice en devenant voyeur. Si la scène est érotique, le côté convenu m'a laissée de côté.

9) Agnès et le chat d'Héloïse Lesage
Les cours de guitare mènent à tout, y compris sauter une bourgeoise pour le bon plaisir de son mari impuissant. Je ne suis définitivement pas fan des récits au passé composé. Mais si le style m'a gênée, le texte reste excitant, malgré une certaine vulgarité.

10) Résurrection d'Iris Dorne
Plutôt que de perdre sa femme, un homme lui offre d'assumer ses besoins de séduction. Outre la sensualité de sa scène-clé, c'est une réussite littéraire. Le style est soutenu, le contexte et les personnages sont approfondis. En quelques pages, l'autrice nous propose une histoire complète. Assez rare pour être souligné.

11) Le jeune homme du bar de Dionys Florès
Avec la complicité de son épouse, un homme va associer un jeune vantard à leurs jeux érotiques. Le texte n'est pas désagréable, mais le scénario convenu et le manque de style en font une lecture un peu plate.

12) Confidences et conséquences de Vincent Rieussec
De la rencontre au mariage, l'histoire d'un amour construit autour du mythe de Candaule. Étrangement, je n'ai pas été touchée par le style pourtant soutenu, et ai déploré un manque d'émotion. Les scènes érotiques ne m'ont pas convaincue, le manque de tension sexuelle a rendu l'ensemble trop léché.

13) Un mâle pour un bien de Clarissa Rivière
Une des autrices pilier de cette collection. On ne présente plus la douce Clarissa. Cette fois, elle nous propose un prêté pour un rendu, une femme adultère obligée d'assister aux ébats de son époux avec une jeunette. La pincée de cruauté apporte le piment, la plume confirmée adoucit la tristesse qui pointe.

14) Un bon arrangement de Gina Monte-Corges
Gagner un contrat au nez et à la barbe d'un collègue peut avoir des conséquences inattendues... Tout ce qui me dérange dans une histoire ; l'auto-description trop flatteuse, le désir sorti de nulle part, le rapport humiliant, la crudité sans l'excitation, le manque de style.

15) Sous les yeux de Jean de Jean Danel
Partie fine entre deux amis d'enfance et l'épouse de l'un d'entre eux. Une écriture assurée au service d'un épisode amené de façon un peu trop abrupte à mon goût, empêchant ainsi la montée progressive du désir. Dommage.

16) La sélection de Juliette Di Cen
Un jeune employé convié à un dîner va découvrir la méthode de recrutement de son entreprise. J'ai retrouvé la plume pleine d'humour de cette autrice, et son goût prononcé pour les histoires et les personnages développés. Peut-être au détriment des scènes érotiques qui en deviennent secondaires, et par conséquent moins excitantes.

17) Avant de Noann
La constante chez Noann, c'est un désespoir latent, et le talent de ne pas sombrer dans le mélodrame malgré tout. Une femme fait venir un partenaire pour assouvir le plaisir que ne peut plus lui donner son compagnon. Un beau texte, qui laisse pourtant une sensation douce-amère.

18) Comédie de João Miguel Baile Dos Passarinhos
Un jeune acteur devient le jouet d'un metteur en scène et de sa bimbo. S'il y a bien une chose que je déteste, c'est lire un texte avec un dico à portée de main. Insérer un vocabulaire trop savant (compliqué) pour enrichir un texte finit par l'asphyxier. Surtout dans une nouvelle prévue initialement pour un plaisir bien plus trivial. L'érotisme n'empêche pas la littérature. Mais la pédanterie tue l'érotisme.

19) Piratage diabolique de Julie-Anne de Sée
Une écrivaine voit son ordinateur piraté par un étrange soupirant. Si j'ai été intriguée par le première partie, la seconde m'a laissée de marbre, et c'est dommage, car le texte a d'indéniables qualités. Mais à l'image de la nouvelle précédente, trop de complexité me semble mal appropriée dans ce type de recueil.

20) Les larmes de Candaule de Perle Vallens
Parfaitement écrit, mais bien trop introspectif pour que la scène érotique soit excitante. Cette histoire d'amante aux accès de jalousie dignes d'une épouse trompée boucle ce Osez sur une note mitigée.

Verdict : Assez répétitif, et pas de coup de coeur pour un texte en particulier

LA MUSARDINE
256 pages

mercredi 11 avril 2018

LA CONFRÉRIE DE LA DAGUE NOIRE 12 : L'AMANT SOUVERAIN de J.R. Ward


4ème de couverture :
"Longue vie au roi...
Après avoir délaissé le trône pendant des siècles, Kolher, fils de Kolher, a enfin accepté la charge de son père. Mais la couronne pèse lourd sur son front. Et tandis que la guerre fait rage et que ses ennemis se rapprochent, il va devoir se montrer impitoyable. Car Beth, sa chère compagne, désire un enfant. Une volonté qui va tous les mettre en danger et réveiller les fantômes du passé. L'amour véritable peut-il encore l'emporter ?"

Alors, doc, verdict ?
Grande différence avec les volets précédents. Lorsqu'un couple n'avait pas encore eu son histoire, l'autrice nous faisait mariner en jouant sur des rencontres brûlantes, sans pour autant entrer dans le vif du sujet. Et bien dans ce tome-ci, ce n'est pas une, mais trois romances qui passent à la casserole ! Le couple vedette (Beth et Kolher, le retour) se livre hélas à une partition très mécanique, peut-être en raison d'un sujet principal (la fécondation), plus émotionnel que sexy. Des retrouvailles très décevantes, donc, en particulier pour un couple qui a ouvert la voie d'une bit-lit épicée. Heureusement, les deux autres rattrapent ce manque de sensualité, avec des scènes assez excitantes, même si elles tombent parfois dans l'excès et la vulgarité.

Trez et iAm gagnent en consistance, ce qui les rend un peu plus intéressants, à défaut d'être sympathiques. Autant les frères de la Confrérie ont toujours su tenir des rôles secondaires savoureux, autant les Ombres ont du mal à provoquer une quelconque empathie. Le comble, c'est que le personnage de leur bourreau au nom prédestiné s'Ex, se montre largement plus mystérieux et inquiétant. On verra comment J.R. Ward le (mal)traite.

On en arrive à ce qui va me faire abandonner la série après le numéro 15 consacré à Xcor ; ça tourne en rond. En revenant sur des couples déjà établis, j'ai toujours la crainte qu'elle détricote ce que j'ai aimé.
Alors que va-t-il se passer maintenant ? Après le prochain consacré à Trez et Selena, on va avoir droit à une rediffusion du couple Mary/Rhage. Ne manque plus qu'une autre tournée de V et Jane, et je me pends. Mais... pourquoi me tends-tu une corde, bande de moules ?
Allez. Je m'offre ce magnifique spoiler, suite au dernier roman sorti à ce jour, et qui fera hurler toutes les fans d'un potentiel "Vutch" (Visz + Butch) : ce couple n'existera jamais. JAMAIS !
Mouhahaha.
Jane ne sera pas exorcisée, et Marissa ne passera pas l'arme à gauche pour dégager le terrain.
lol.

Ce qui m'a particulièrement saoulée dans celui-ci en plus des sauts qui nous font passer d'une scène à l'autre sans avoir suffisamment développé la première ; je n'ai pas retrouvé la sexytude de Kolher. Émasculé par sa fonction et l'obsession de sa shellane, il m'a paru fade et démuni. Bon point malgré tout, on a un bel aperçu de l'histoire de ses parents, notamment leur rencontre (qui joue sur l'ambiguïté des prénoms). Les scènes insérées en filigrane auraient nécessité plus de matière (notamment des interactions entre Kolher et ses parents), mais ça aura permis d'établir un parallèle entre les deux grossesses.
Dommage qu'elle ait limité Beth à un rôle de desperate housewife obsédée par la maternité. Bon, c'est sûr que La Confrérie de la Dague noire n'est pas un manifeste pour le féminisme ou l'émancipation des femmes. Ce serait même son antithèse. Mais quand-même !

Bref.
Alors que J.R. Ward a su mêler une nouvelle génération de combattants avec les "grands anciens" dans des spin-off moins longs, ce principe fonctionne moins bien dans sa série-mère. En particulier parce qu'elle remet des "vieux" couples au premier plan au lieu de les laisser en seconde ligne. De plus, en jouant la sécurité, elle nous endort. Il n'y a pas de surprise, on grince juste des dents à l'idée qu'elle foute en l'air une romance "historique".
Par ailleurs, cette technique de délayage est assez grossière. On a bien compris l'aspect commercial dans le fait de produire des tomes mineurs avant de livrer les plus attendus (ceux de Xcor ou Ahssaut). C'est aussi pour cela que l'autrice intègre de nombreuses intrigues annexes à son fil principal, histoire de rendre la lecture de chaque tome indispensable.

Sauf que ce n'est pas une science exacte. Si j'ai déjà acheté les deux suivants, j'ai décidé de m'arrêter au quinzième, afin de finir en beauté.

Verdict : agréable mais sans surprise

MILADY
648 pages